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24 septembre 2013

EXTRAIT D'OBSESSION MEURTRIÈRE 1er Meurtre


Extrait d’Obsession meurtrière

1er meurtre

Occupé à classer ses dossiers, lorsque sonne son téléphone, Harvis décroche.
— Lieutenant Harvis ? dit la voix.
— Oui Patron ! répond-t-il en reconnaissant la voix de monsieur Perry, le commissaire de la Sûreté Urbaine.
— La salle d’information m’informe qu’elle a envoyé la patrouille sur un cadavre au 23, rue des Tsars de Russies. Allez sur place avec le lieutenant Lorna, et tenez-moi informé. L’I.J est avisée.
— Bien Patron !
Prenant sa sacoche, il passe chercher Lorna dans le bureau jouxtant le sien.
— Nous avons un cadavre sur les bras, rue des Tsars de Russie, lui annonce-t-il.
— Je commençais à m’ennuyer, répond Lorna en prenant son arme dans le tiroir de son bureau. Ça fait au moins deux mois que nous n’avons pas eu de macchabée.
— Tu n’as rien oublié ?
— Non ! J’ai mon pétard, répond-t-il en tapotant le holster sous son bras gauche.
— Tu crois que tu vas être obligé de le braquer pour lui faire dire qui l’a tué ? Il est déjà mort. Tu ne risques rien.
— Ce n’est pas parce que tu ne portes pas d’arme que les autres doivent faire comme toi. D’accord ?
— Bon allons-y ! Tu conduis.

Dix minutes plus tard les deux policiers sont sur place. Un policier en tenue les attend en bas de l’immeuble.
— Salut les duettistes.
— Ça va Marcel ?... Où est notre macchabée ? demande Harvis.
— C’est une femme et elle n’est pas belle à voir.
— Quel étage ?
— Cinquième.
— Merci ! Tu connais le nom de la victime ?
— Yvon ! Comme le prénom.
— L’I.J. est là ?
— Non pas encore, lieutenant. Je vous l’envoie dès qu’elle arrive. C’est le capitaine Masse aujourd’hui.
— Évelyne, très bien,… Qui est là-haut ?
— Nicolas et Charlie.
— À tout à l’heure.
— Celui-là un jour je vais me le farcir. Je n’aime pas son humour, bougonne Pascal.
— Il est un peu rustre c’est vrai, mais pour un fils de paysan il fait bien son boulot.
Sur le palier, un second policier en tenue les attend. Il est pâle.
— Salut Charlie. Ça ne va pas ? lui demande Harvis.
— Si, très bien ! Mais entre, tu comprendras.
Le policier qui est de faction à l’intérieur, a la même teinte que son collègue Charlie. Il est dans la pièce principale du studio, devant le lit de la victime.
— Elle n’est pas belle à voir, dit-il en désignant le corps mutilé de la jeune femme.
— Tu n’as touché à rien ?
— Non non, lieutenant ! Quand on a vu son état on s’est bien gardé de toucher quoi que ce soit.
Alors qu’ils enfilent leurs gants, le capitaine de l’Identité Judiciaire, Évelyne Masse arrive. Ensemble, ils procèdent aux constatations.
— La vache ! Qu’est-ce qu’on lui a fait ? s’exclame Pascal.
— Nous sommes là pour le découvrir, répond Harvis
— Regarde ! Elle a des entailles partout sur le corps.
Effectivement des entailles ont été faites sur tout le corps de la jeune femme. Comme si l’assassin s’était acharné à la faire souffrir en la torturant.
— J’espère que ces blessures, sont post-mortem, dit Pascal.
— Moi aussi, répond Harvis… Tu as vu sa position ? ajoute-t-il.
— On dirait que son corps a été mis en scène.
— Il y a très peu de sang par rapport au nombre de blessures qu’elle a.
— Regarde l’entaille au dessus du pubis. Elle est plus grande et plus profonde que les autres. J’ai l’impression qu’elle a été éventrée.
— Attendons le médecin, il pourra nous dire ce qu’il en est, dit Harvis en observant le corps de cette jeune femme.
La tête repose sur un oreiller blanc sans tâches de sang. Ses yeux ouverts, fixent le plafond. Ce regard sans vie le met mal à l’aise, et dans un geste de pudeur le policier lui ferme les paupières.
Ses bras sont disposés le long du corps, les paumes des mains à plat sur le lit. Ses poignets portent des traces de liens. Aucun bijou à ses doigts. Son pubis est imberbe. Ses jambes ont été entaillées comme le corps.
Les deux policiers font une rapide visite du studio mais il n’y a nulle trace de sang.
— Reculez un peu, demande Évelyne. Je n’ai pas assez de place pour prendre l’ensemble en photo.
Elle photographie la pièce puis le corps, se rapprochant pour prendre les blessures au plus près.
— Évelyne, sais-tu qui est de permanence au Parquet ?
— C’est monsieur Marescot.
— Donc, il va venir… Pascal, appelle le Légiste, dis-lui bien que sa présence est indispensable et appelle aussi les pompes funèbres.
— Rappelez-moi l’adresse lieutenant, demande le Magistrat de permanence, après que le lieutenant Harvis lui ait fait son rapport… Je serai là dans un quart d’heure.
Après avoir situé le lieu au Substitut, il appelle son patron qui demande de lui rendre compte dès qu’ils auront fini.
À la demande d’Évelyne les deux policiers l’aident à retourner le corps de la victime.
Lorsqu’elle est sur le côté, Harvis remarque une blessure dans le dos à la base des côtes flottantes gauches, dans le grand dorsal. Pendant qu’ils la maintiennent, Évelyne réalise ses photos. Lorsque c’est terminé ils reposent doucement le corps de la jeune femme.
— Depuis combien de temps crois-tu qu’elle est là ? demande Pascal.
— Je ne sais pas, son corps n’a pas encore la rigidité cadavérique. Le toubib pourra nous en dire plus à l’autopsie, répond Évelyne.
— Comment avez-vous été avertis ? demande le lieutenant Harvis en se tournant vers le policier en faction dans l’appartement.
— Un appel sur le 17… Celui qui a donné l’alerte n’a pas laissé son nom mais le retour d’appel a permis de déterminer que l’appel a été passé d’une cabine.
— Demande au standard d’identifier la cabine. Ensuite allez-y faire un tour avec Marcel. Charlie restera avec nous. Demande-leur également de me garder la bande de l’appel.
— D’accord Lieutenant.
— Tu crois que c’est l’assassin qui a téléphoné pour signaler ce meurtre, demande le lieutenant Lorna.
— Tu vois quelqu’un d’autre ? Le corps est à peine froid. Il est seize heures. La plupart des logements du palier sont vides. Et puis, si c’était quelqu’un de l’immeuble qui avait téléphoné, il serait là… Charlie, qui vous a ouvert la porte ?
— Elle était entrebâillée.
— Donc, il suffisait de la pousser. Vous n’avez vu personne en montant ?
— Non lieutenant !
— Merci Charlie… Tu as fini tes photos Évelyne ?
— Oui ! J’ai encore quelques prélèvements à faire, et je vous la laisse. Je vais rechercher des empreintes, s’il y en a. Essayez de ne rien toucher, et surtout distribuez des gants à tout ceux qui entrent.
— D’accord ! Ensuite, lorsque tu auras fini ici, pourrais-tu aller faire un tour à la cabine téléphonique ? Le central te dira où elle est… J’aimerais que tu relèves les éventuelles empreintes que tu pourras trouver.
— Ne rêve pas trop. Je risque de faire chou blanc.
— Qui ne tente rien n’a rien.
Entre-temps le Procureur est arrivé, suivi de peu du légiste.
— Alors votre première impression lieutenant ? demande le Procureur.
— Je pense, monsieur Marescot qu’elle a été tuée il n’y a pas longtemps mais pas ici. Il y a trop peu de sang sur le corps et presque pas sur le lit.
— Docteur, qu’en est-il ?
— Je dirais qu’elle est morte, il y a quatre à cinq heures maximum. Je vous en dirai plus après l’autopsie… Mais c’est exact, elle n’a pas été tuée ici car le corps porte quelques traces post-mortem sur les bras. Ce qui veut dire qu’on l’a transportée, répond-t-il au Magistrat après avoir étudié le corps de la jeune femme.
—Vous pouvez déterminer l’origine de sa mort ?
— Elle a de nombreuses blessures, mais la seule mortelle est celle-ci, indique-t-il en montrant l’entaille d’environ deux centimètres située dans le dos. C’est ce coup qui a été mortel et lui seul. Les autres blessures n’ont été faites qu’après la mort.
— A-t-elle subit des violences sexuelles ? demande le Procureur.
— Je ne sais pas. Elle n’a aucune marque extérieure. Je verrai à l’autopsie.
— Bien docteur. Vous me faites parvenir votre rapport dès que possible. Vous également lieutenant, dit-il en se tournant vers Harvis. Je vais faire ouvrir une information pour assassinat, et je vous confie cette affaire.
— Entendu monsieur le Procureur… Au revoir !
Le médecin a fini ses observations sur le corps.
— Merci Docteur !… On peut faire enlever le corps ? demande Harvis.
— Moi, j’ai fini, répond le médecin. Il est à vous et l’autopsie aura lieu vendredi, ajoute-t-il en consultant son agenda.
— À vendredi Docteur.
Évelyne a fini la recherche d’empreintes sans succès.
— Il n’y a pas la moindre empreinte exploitable dans cet appart. Je vais voir la cabine téléphonique. Je déposerai mon rapport sur ton bureau, dit le capitaine en remballant son matériel.
— Merci Évelyne.
Les pompes funèbres enlèvent le corps. Tout le monde est parti. Les deux policiers vont à la pêche aux renseignements.
— Bon, par où commence-t-on ? demande Lorna en se mettant à fouiller.
—Tu as trouvé ses papiers ?
— Oui ! Notre victime se nomme Yvon, prénoms Adeline, Marie, elle est née le 24 août 1991 à Chartres.
— Tu as découvert où elle travaille ?
— Pas encore.
— J’ai son agenda téléphonique et son portable… à étudier.
— Attends, j’ai quelque chose d’intéressant. Elle travaillait au Tropicana depuis un mois. Regarde c’est son contrat de travail.
— J’ai son chéquier et ses relevés de compte. Ce n’est pas la fortune, mille deux cent euros sur son compte courant. Elle a deux cent euros dans son portefeuille avec sa carte de crédit.
— Ses bijoux sont encore là. Ce n’est donc pas pour la voler qu’elle a été tuée.
— Ses fringues sont assez sexy. Et regarde ce que j’ai trouvé Pascal : de l’herbe. Elle devait se fumer un pétard de temps à autre.
— Bon, il n’y a rien de spécial dans la vie de cette fille.
— Il n’y a pas de vaisselle dans l’évier, tout est propre. J’ai l’impression que le ménage a été fait récemment. Dans la salle de bains c’est pareil, pas de désordre, tout est bien disposé.
— C’était peut-être une accro du ménage.
— Bon, on met les scellés sur la porte. Le patron nous attend.
Sur son bureau, le lieutenant Harvis trouve le rapport de Nicolas concernant son arrivée sur les lieux et l’enquête qu’il a faite à la cabine téléphonique. Rien de bien sensationnel, pas d’empreintes et personne aux alentours ayant vu quelque chose. Il y a également le rapport du capitaine de l’I.J. Là non plus, rien à se mettre sous la dent. Le meurtrier a bien fait le ménage avant de partir.
Le policier trouve également la bande de l’appel sur le 17. Avec son co-équipier ils l’écoutent. C’est la voix d’un homme. Elle est déformée. Il parle doucement sans stress et donne l’impression de réciter un texte.
— « Vous trouverez le cadavre d’une femme au 23, rue des Tsars de Russie 5éme étage.
— C’est très laconique comme message, annonce Lorna.
— Il n’avait rien d’autre à dire, lui répond Harvis. Cela suffisait amplement. C’est bien ce que je pensais, c’est l’assassin qui a téléphoné. Une autre personne aurait-eu une voix plus stressée et elle aurait donné son identité.
— Thomas, le patron doit t’attendre ! le coupe Lorna.
— J’y vais.
Dans le bureau du commissaire, le policier fait un topo rapide.
— L’autopsie nous apprendra peut-être quelque chose sur la façon dont elle est morte. Espérons avoir un indice à se mettre sous la main… Nous allons aussi faire un tour au bar de nuit où elle travaillait : le Tropicana.
— Vous le connaissez lieutenant ?
— Oui patron !
— Bien faites pour le mieux.
— Merci patron ! Bonsoir. À demain.
— Bonne nuit lieutenant.

Quinze minutes plus tard, il retrouve son ami Pascal, dans le hall du commissariat.
— Tu te sens d’attaque pour la tournée des bars de nuit ?
— Je n’ai rien d’autre à faire, mais toi ?
— La mémoire te manque. Je t’ai dit avant hier que Jenny était chez ses parents.
— C’est exact. Bon allons dîner. On va chez Paul. Je t’invite.
— D’accord !
Le bar de la Place, où se rendent les deux policiers est tenu par un couple : Paul et Estelle. L’ambiance y est conviviale, et l’établissement n’est pas éloigné du service.
— Salut Paul, bonsoir Estelle, lance le lieutenant Harvis en entrant dans le bar. Tu peux nous faire deux sandwichs et nous apporter deux demis ? demande-t-il à Paul On s’installe au fond.
— Salut ! À quoi vos sandwichs ? demande Paul.
— Jambon sans beurre mais si tu as des cornichons je veux bien, commande Harvis.
— Jambon, beurre et cornichons, commande Pascal.
Tout en se restaurant les deux policiers discutent de leur affaire.
— Nous n’avons pas grand-chose pour cette enquête. Pas d’empreintes et pas un seul indice, dit Pascal en attaquant à pleine dents son casse-croûte.
— On en apprendra peut-être plus ce soir au Tropicana et l’enquête de voisinage demain, sera peut-être plus concluante, répond Harvis.
— Demain c’est vendredi, il n’y aura personne dans l’immeuble comme cet après-midi, rétorque Pascal.
— Si demain, nous ne voyons personne nous recommencerons samedi, réplique Harvis.
— C’est sympa de me gâcher mon week-end.
— Tu pleurais de ne pas avoir de cadavre, et maintenant que l’on en a un, tu te plains.
— Non, je ne me plains pas mais c’est pour le principe. Râler c’est ma seconde nature.
— Bon, récapitulons. Nous avons le cadavre d’une jeune femme, brune, jolie qui travaille de nuit dans un bar. Apparemment sans trop d’amis si j’en crois son agenda. Nous aurons peut-être plus de chance avec le répertoire de son portable.
— Nous savons aussi, ajoute Pascal qu’après son forfait, l’auteur prévient la police. L’écoute de la bande ne nous apporte pas grand-chose, sinon la certitude que c’est l’assassin qui nous a prévenu.
— Cela ne donne rien.
— Je suis d’accord avec toi, nous n’avons rien.
— Bon, vingt et une heures trente, on y va ?
— En route !
— Salut les amoureux, lance Pascal en sortant du bar à l’intention d’Estelle et Paul.
— Bonne nuit les petits poulets, leur répond Estelle en souriant.

…/…

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